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Bolivie

Le Parinacota et retour à La Paz

Mercredi 20 juin 2007 - Camp de base du Parinacota
C'est presque la grasse matinée ce matin. Nous ne sommes partis de Sajama qu'à dix heures, ce qui m'a laissé le temps de déambuler dans le village et de faire quelques photos du Parinacota et de son volcan jumeau, le Pomerape. Parinacota et Pomerape
Parinacota et Pomerape
Les 4x4 nous ont menés sur une piste parfois dégradée jusqu'à une petite plateforme située à 4750 mètres d'altitude où nous attendaient les porteurs avec les tentes et autres matériels nécessaires. Nous commençons notre ascension. Le terrain est meuble, constitué de cendres formant un sable noir d'où s'élèvent par endroits des roches volcaniques. Le sentier est assez facile à suivre car il est balisé de flèches jaunes peintes à intervalles régulier. À un moment, j'aperçois une inscription du Parque Nacional de Sajama indiquant l'altitude de 4700 mètres. Manifestement elle est erronée, ne correspondant pas aux différents altimètres des membres du groupe.
Après avoir pique-niqué à l'abri du vent au milieu des rochers et face au Pomerape, nous reprenons notre chemin. Le temps se dégrade, de plus en plus couvert, avec de froides rafales. Nous finissons par arriver au camp de base du Parinacota, à une altitude de 5060 mètres. Nous montons les tentes puis nous partons faire une petite balade d'acclimatation en direction du col, un peu plus au-dessus du camp. Nous nous arrêtons à 5270 mètres alors que le temps se gâte. Il tombe une sorte de grésil et les bourrasques sont de plus en plus fortes. Sur notre droite se dresse la face sud du Pomerape, tandis qu'à notre gauche le Parinacota nous domine.
Nous redescendons à notre campement où le thé chaud et les petits gâteaux sont unanimement appréciés !
Jeudi 21 juin 2007 - Tentative d'ascension du Parinacota
La nuit a été très mauvaise. Est-ce l'altitude ou une certaine anxiété à la pensée de la journée qui s'annonçait ? Toujours est-il qu'à minuit je ne dormais toujours pas. Et c'est en plein sommeil que nous avons été réveillés à une heure du matin. Après nous être chaudement habillés dans la tente, nous nous retrouvons sous la tente mess pour un petit-déjeuner que je prends en vitesse. Tout à l'heure, j'ai eu du mal à me lever, complétement endormi, c'est à peine si j'ai entendu le signal du réveil.
Frontale et bonnet sur la tête, gants, polaire, anorak, collant thermique, pantalon et surpantalon respirant, il n'en faut pas moins pour supporter le froid glacial. Il a neigé dans la nuit, d'ailleurs il tombe toujours de fins flocons. Tout est blanc autour de nous. Mon piolet est accroché sur mon sac où se trouvent les crampons. J'ai passé mon baudrier, et nous partons, les bâtons à la main.
L'ascension se fait à un rythme lent, je ne m'en plains pas. Bientôt le chemin attaque les flancs du Parinacota, s'élevant assez nettement en zigzags. Je ne suis pas du tout en forme, je n'ai pas de jus. J'ai très sommeil, la nuit ayant été beaucoup trop courte. Sans raison particulière, je commence à me focaliser sur mes pieds, redoutant qu'ils gèlent. Certes j'ai eu froid aux orteils lors de l'ascension de l'Uturuncu, mais j'ai quand même mis deux paires de chaussettes et un sachet plastique entre les deux. À chaque pas, je remue le bout des pieds, ce qui ne m'empêche pas de ne plus sentir mes orteils de gauche. L'ascension à la frontale est de plus en plus dure. Le vent froid souffle en rafales, heureusement je suis bien protégé par la capuche de mon anorak, mais surtout j'ai de plus en plus sommeil. J'ai l'intention d'abandonner là, mais Josiane et Jean-Michel, guère en meilleure forme que moi, parviennent à me convaincre de poursuivre encore un peu. Nous abordons une zone avec des rochers. Mes réflexes sont ralentis, il me faut presque une seconde pour réagir lorsque je trébuche. Heureusement, je n'avance pas vite et il y a toujours une pierre sur laquelle prendre appui.
Au lever du soleil, après une dernière zone de rochers, nous décidons tous les trois de nous arrêter là. Nous sommes à 5700 mètres, il reste encore presque six cents cinquante mètres de dénivelé sur la neige gelée, c'est trop pour nous. Tandis que les quatre personnes restantes du groupe et les guides mettent leurs crampons, nous amorçons la descente en compagnie de l'assistant des guides.
De retour au camp, nous prenons un petit-déjeuner avant d'aller nous reposer sous la tente une petite heure. L'eau de ma gourde, que j'avais laissée à l'extérieur le temps de cette petite sieste, a gelé. À l'intérieur, il y a des glaçons.
En début d'après-midi, alors que le temps est toujours aussi maussade, les quatre personnes montées au sommet reviennent, accompagnées des deux guides. Leurs visages sont marqués par l'effort et la fatigue. Heureux d'avoir vaincu le Parinacota, ils sont un peu déçus de n'avoir pu en admirer le cratère. Là-haut, c'était un épais brouillard.
Après avoir plié les tentes, nous descendons jusqu'aux 4x4 qui nous ramènent à Sajama où nous passons la nuit dans le lodge.
Vendredi 22 juin 2007 - Retour à La Paz
Ce matin, le ciel est dégagé, retrouvant ce bleu si caractéristique des hautes altitudes. Avant de partir, je retourne du côté de l'église pour photographier les payachatas, les Jumeaux, Parinacota et Pomerape. Leurs flancs sont cendrés par les chutes de neige de la veille. Et dire que vingt-quatre heures plus tôt, je peinais quelque part là-haut... Je me régale une dernière fois de ce paysage. Parinacota et Pomerape
Parinacota et Pomerape
Nous reprenons la route en direction de La Paz. Le séjour se termine bientôt et, comme à chaque fois, l'ambiance en prend un coup. Il y a comme une petite chape de tristesse sur le groupe, le regret de quitter ces paysages extraordinaires que nous venons de fréquenter pendant presque trois semaines.
Nous faisons un arrêt pour visiter l'église de Curahuaras de Carangas, surnommée la Chapelle Sixtine de l'Altiplano, en raison de ses belles fresques ornant ses murs.
Le paysage change peu à peu, se faisant plus plat après avoir traversé un plateau creusé par quelques gorges. Sur le bord de la route, les lamas laissent peu à peu la place aux moutons. À un moment, nous apercevons des chullpas, des tombes incas de forme cylindrique.
Nous retrouvons la route d'Oruro qui nous mène à La Paz en début d'après-midi. Après avoir laissé les cuisinières sur les hauteurs, nous amorçons la descente vers le centre de la capitale. La vue est réellement impressionnante. La ville semble parfaitement épouser la cuvette où elle se niche. Des gratte-ciels émergent au fond de celle-ci, tandis que des maisons spartiates en occupent les flancs.
Nous nous installons à l'hôtel Eldorado, comme le jour de notre arrivée. Après une bonne douche et un peu de repos, je pars avec une partie du groupe me balader dans la capitale bolivienne. Nous ne pouvons pas résister au plaisir de prendre une énorme glace chez Dumbo, un vrai délice !
Je fais quelques achats dans les boutiques du centre, repassant du côté du marché aux sorcières, avec ses animaux séchés. La ville de La Paz n'a qu'un intérêt touristique mineur. Hormis sa cathédrale, il y a assez peu de bâtiments typiques valant le coup d'oeil.
Le soir, l'agence locale Colibri qui s'était chargée de toute la logistique nous offre le repas au restaurant Parnaso Bolivia. C'est l'occasion d'une excellente soirée car il s'agit en fait d'un dîner-spectacle de deux heures et demie avec de la musique (charrango et guitare) et des danses en costumes.
Samedi 23 juin 2007 - Retour en France
Nous nous levons tôt pour nous rendre à l'aéroport. La ville s'éveille à peine, le jour n'est pas encore levé, et des milliers de lumières brillent dans la nuit tandis que nous nous élevons sur le plateau d'El Alto.
L'avion est à l'heure, le vol, avec une rapide escale à Santa Cruz, dans le bassin amazonien, se passe sans encombre. À Miami, il nous faut nous dépêcher, les trois heures d'attente avant le vol pour Paris n'étant pas de trop à cause des formalités douanières et d'immigration. Nous arriverons demain à Roissy, et j'aurai encore une petite heure de vol pour rallier Strasbourg.

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©2006-2017, Stéphane Bon