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Bolivie

D'Uyuni au Sajama

Dimanche 17 juin 2007 - Uyuni
Ce matin, nous prenons la piste pour Uyuni, poursuivant notre remontée vers le nord du pays.
En milieu de matinée, nous faisons un arrêt aux Géants de Pierre. C'est un endroit particulier, un enchevêtrement de blocs de lave aux teintes rougeâtres sculptés par l'érosion. Il n'y a personne ici, sauf nous et de nombreuses viscaches. Ces animaux de la taille d'un gros chat ressemblent à un lapin avec une longue queue. Certains sont moins farouches que d'autres ou sont comme engourdis par les rayons du soleil et, en avançant avec précaution, il est possible de les approcher relativement près. Viscache
Viscache
Je profite du temps libre qui nous est accordé pour déambuler dans les lieux et apprécier de cet endroit. Escalader certains rochers s'avère très ludique, la pierre accrochant bien, mais je reste impressionné par le gros bloc où se sont juchés l'un de nos chauffeurs et la plus jeune des cuisinières.
Nous reprenons la route et, en début d'après-midi, nous arrivons à San Cristobal. C'est une petite ville de mineurs blottie autour d'une jolie église aux murs blancs. Il y a la fête ici, de la musique assez répétitive, quelques danses, des spectateurs plutôt statiques. Dans la rue, un bus scolaire américain jaune, comme dans les films, est garé. Il a été reconverti en transport de mineurs. Cimetière de locomotives d'Uyuni
Cimetière de locomotives d'Uyuni
Après quelques heures de route, nous atteignons le mythique cimetière de locomotives d'Uyuni. C'est l'un des lieux de Bolivie que je tenais à voir. Si l'endroit paraît effectivement surréaliste, avec ces antiques locomotives à vapeur rouillant au bord du salar, je m'attendais à quelque chose d'un peu plus grand. Mais cela mérite tout de même le détour. À l'origine, il était envisagé de construire un musée du chemin de fer en ces lieux, un projet qui n'a jamais vu le jour. Je doute que cela se concrétise un jour, les machines étant dans un tel état de délabrement, rouillées, désossées, couvertes d'inscriptions blanches laissées par les touristes ou les gens du coin. Je prends néanmoins plusieurs photos avec, en arrière-pensée, l'idée de les passer en sépia une fois rentré chez moi, de façon à donner un cachet un peu vieillot aux clichés.
Notre hôtel à Uyuni est le Los Giraflores, un bon hôtel de standing disposant d'une douche. Quel bonheur de pouvoir se laver à l'eau chaude, d'ôter la crasse des cheveux !
Avant que la nuit tombe, nous partons nous promener dans Uyuni où il y a la fête. De nombreux commerçants ont sorti leurs étals, vendant des vêtements, des ustensiles pour la maison, ou encore des CD et DVD. Il y a même un ou deux manèges plutôt âgés, mais les enfants qui y sont montés ont les mêmes sourires que partout dans le monde.
Lundi 18 juin 2007 - Salar de Coipasa
Longue journée de 4x4 aujourd'hui. Peu après avoir quitté Uyuni, nous nous arrêtons en lisière de salar pour visiter une petite exploitation familiale de sel. Toute la famille est mise à contribution, de la maman vendant des boîtes et autres objets sculptés dans le sel, à la fille, une dizaine d'années peut-être, qui remplit à la main des sachets d'un kilogramme de sel avant de les sceller à la flamme d'un petit chalumeau.
À l'extérieur, des monticules de sel d'un mètre de haut parsèment le salar. Un peu plus loin se dresse un hôtel immaculé : ses murs sont, eux aussi, en sel. Si cet édifice est étonnant, il pose de nombreux problèmes sur le plan écologique car il n'y a aucun système d'évacuation des eaux usées.
Nous traversons le salar d'Uyuni d'est en ouest pour arriver à la ville de Llica que nous traversons juste avant de nous arrêter au petit village de Challacollo pour déjeuner. Tandis que les cuisinières préparent notre repas, nous déambulons dans les rues désertes. Certaines maisons tombent en ruine, le village semble abandonné. Venceslas nous explique que de nombreuses personnes ont quitté le village pour se rendre à la ville, Uyuni ou même La Paz, dans l'espoir d'y trouver du travail. Une jolie église de type colonial, aux murs blancs, se dresse à l'extérieur du village, adossé à une dune de sable couverte d'arbustes. Eglise de Challacollo
Eglise de Challacollo
Nous reprenons la piste après avoir mangé. Assez rapidement, nous rejoignons le salar de Coipasa que nous longeons un bon bout de temps. Il est bien moins impressionnant que celui d'Uyuni. La couche de sel est ici moins importante, la terre affleurant par endroits, et sa supercifie est "seulement" de 2218 km². Un peu plus tard, nous retrouvons une route goudronnée.
En fin d'après-midi, nous arrivons à Sabaya où nous passerons la nuit dans une sorte de relais pour routiers situé au-dessus d'une épicerie. Avant que l'obscurité ne soit complète, nous faisons une courte balade dans le gros village. Il n'y a pas grand-chose à y voir, hormis une belle église dont le clocher, massif, est déporté à une vingtaine de mètres de l'édifice.
Mardi 19 juin 2007 - Regards sur le Sajama
Nous poursuivons notre remontée vers le nord.
En milieu de matinée, nous marquons un arrêt à la Cité de Pierre de Pumiri, un vaste labyrinthe de concrétions de lave sculptées par les éléments. C'est un véritable tour de force de s'orienter dans ce dédale, parmi les petits canyons, les arches, les pénitents et autres blocs aux formes mystérieuses évoquant des animaux mystiques. L'ascension, voire l'escalade, de certains de ces rochers est vraiment amusante. La roche accroche parfaitement aux semelles et l'on se sent en sécurité, seul le bout des doigts est quelque peu malmené par la lave solidifiée et abrasive. Alors que nous retournons vers nos véhicules pour le pique-nique, nous apercevons des lamas errant au milieu de ce labyrinthe. Les lieux ont été habités quelques centaines d'années auparavant. Des vestiges d'habitation ainsi que des tombeaux, hauts mais étroits, parsèment les abords des lieux.
La route se poursuit jusqu'aux abords du parc national de Sajama. Alors que nous faisons le plein dans une station-service, nous pouvons admirer le cône du volcan ayant donné son nom au parc. Malheureusement, le temps est assez couvert et la lumière pas exceptionnelle.
Nous atteignons peu après la petite ville de Sajama où nous investissons une petite auberge. Notre guide Venceslas nous quitte là, passant le relais à Sammy qui nous présente les deux guides de haute-montagne et leur assistant qui vont nous mener au Parinacota.
Les 4x4 nous font faire cinq ou six kilomètres avant de nous déposer pour notre petite randonnée de l'après-midi en direction du camp de base nord du volcan Sajama. Nous traversons d'abord une forêt de quenuals, la plus haute forêt du monde aux dires des boliviens. J'avais déjà pu voir ces petits arbres au Pérou, dans la vallée de Santa Cruz. Leur particularité est leur écorce qui a tendance à s'écailler en de fines feuilles rappelant le papier à cigarettes. Face ouest du Sajama
Face ouest du Sajama
Physiquement, je me sens bien, avançant d'un pas certes assez lent, nous sommes à près de 4400 mètres d'altitude, mais régulier, si bien qu'avec les trois personnes qui m'accompagnent, nous prenons vite une bonne avance sur le reste du groupe. Bientôt la cime enneigée du Sajama émerge au-dessus des queñuas. Avec ses 6542 mètres, c'est le point culminant de Bolivie. Le temps se dégage quelque peu, des éclaircies offrent une très belle lumière. Nous nous arrêtons à une sorte de replat. Devant nous, la vue sur la face ouest du volcan est tout simplement superbe.
L'après-midi est maintenant bien avancée et la luminosité commence à décliner, nous rebroussons donc chemin. Peu après, nous croisons le reste du groupe qui ira jusqu'au point de vue où nous avons fait demi-tour. Un peu plus bas, nous les attendons alors qu'il commence à faire franchement sombre et que la température est en chute libre, comme à chaque fois que le soleil se couche. Le groupe reconstitué, nos véhicules nous ramènent au lodge.

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