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Islande

Le Cercle d'Or

Dimanche 13 juillet 2014
Les mauvaises habitudes, ou ce qui commence à le devenir, reprennent : au réveil le temps est très couvert, bouché de nuages gris et menaçants. Nous quittons la péninsule de Snæfellsnes par la route empruntée à l'aller jusqu'à Borgarnes avant d'obliquer vers l'est.
Nous faisons une première halte à Deildartunguhver, les plus puissantes sources d'eau chaude d'Islande : 180 litres d'eau à presque 100°C jaillissent des entrailles de la terre chaque seconde. Impressionnant !
Un peu plus loin, nous nous arrêtons aux cascades voisines de Barnafoss et Hraunfossar. Vous l'aurez compris, le mot "foss" signifie cascade en islandais. Le site vaut le coup d'oeil avec cette eau qui semble sortir de sous la roche volcanique. Cascade de Hraunfossar
Cascade de Hraunfossar
Le temps est toujours aussi triste et quelques gouttes commencent à tomber. De la pluie est annoncée pour l'après-midi, si bien que la petite randonnée prévue à l'entrée de Kaldidalur, la vallée froide en islandais, est annulée. Nous traversons donc en mini-bus les étendues désolées des hautes terres islandaises. Autour de nous, tout est entièrement minéral. De la roche sombre, des rochers plus ou moins gros, et au milieu la piste que nous suivons. Des glaciers peinent à émerger des nuages, dégringolant de montagnes que l'on devine plus qu'on ne voit. Parmi eux, le plus notable est le Langjökull, second plus grand glacier du pays. Les lieux, impressionnants, sont beaux et doivent l'être encore plus sous une belle lumière, mais nous devons nous contenter d'une luminosité en berne qui estompe les teintes noires et ocre des roches et gomme les reliefs. Nous sommes à environ 600 mètres d'altitude, un vent froid souffle sur cette vallée ouverte aboutissant à un col que nous franchissons à l'abri dans notre véhicule.
Dans la descente, la pluie commence à tomber et elle redouble alors que nous arrivons sur le site de Þingvellir situé sur le rift américano-européen. En d'autres termes, nous sommes là sur la faille séparant le continent européen de l'Amérique. C'est également en ces lieux que fut fondé en 930 le premier parlement du monde. Un petit problème avec le bus ?
Un petit problème avec le bus ?
Nous nous promenons dans ces lieux prisés des touristes. La jolie cascade d'Öxarárfoss tombe littéralement d'une haute muraille de basalte. Cascade d'Öxarárfoss
Cascade d'Öxarárfoss
L'endroit est agréable malgré les nombreux badauds et la pluie qui tombe toujours et dont nous nous abritons sous notre parapluie. Plus loin, un promontoire permet d'avoir une jolie vue sur le site et le lac de Þingvallavatn, le plus grand d'Islande.
Nous reprenons la route, toujours sous la pluie, pour rejoindre à quelques kilomètres de là notre auberge de jeunesse à Laugarvatn, près du lac du même nom. Hormis la piscine municipale ou le centre de baignade en eau chaude, voisins, il n'y a rien à faire ni à voir dans ce village. Une tentative de promenade aux alentours avorte, faute de trouver un sentier intéressant et du fait de la pluie qui tombe encore et toujours.
De retour à l'auberge de jeunesse, Nathalie chausse ses baskets et va faire quelques tours sur la piste d'athlétisme voisine pendant que je rédige ces quelques mots.
Lundi 14 juillet 201
Dois-je oser le dire ? À notre réveil, le temps est toujours aussi maussade, humide, avec des nuages gris très bas, si bien que l'ascension du Bjarnarfell est annulée. Nous partons directement pour Geysir, ses sources d'eau chaude et ses geysers (dont le nom provient de ce site). Nous y arrivons avant la masse des touristes, et avons le temps de voir le geyser cracher trois fois ses eaux bouillantes à plusieurs mètres de hauteur. Geysir
Geysir
Difficile de prendre des photos avec la pluie qui tombe, mais cela vaut vraiment le détour et nous aurions aimé passer un peu de temps pour profiter des lieux. Malheureusement, nous ne nous y attardons guère, Samuel souhaitant être à Gullfoss avant les bus.
Le site est impressionnant. Des masses d'eau de la rivière Hvítá se jettent dans un fracas de deux chutes successives. Des embruns s'élèvent en nuages des flots en furie. Le sentier descendant au bord de la cascade est, par endroits, rendu glissant par la pluie, mais s'approcher de cette puissance de la nature est un grand moment.
Nous reprenons la route pour faire une halte à des gorges volcaniques où la rivière Hvítá, assagie, laisse couler ses eaux laiteuses autour de blocs de lave sombre. Plus loin, nous faisons une nouvelle pause pour voir une cascade bien moins impressionnante que Gullfoss. Une échelle à poisson permet à quelques saumons de remonter le courant. La pêche au saumon est très prisée en Islande et les droits de pêche dans les rivières privées sont parfois très élevés.
Après Laugaras, Valdi stationne notre mini-bus pour que nous puissions enfin aller marcher. Nous entreprenons l'ascension du Vordufell, un volcan en forme de table. Ce type de volcan s'est développé sous une importante calotte glaciaire et le poids de la glace a compressé la lave et le cratère, conférant à la montagne cette forme bien particulière. Geysir
Geysir
Nous parvenons sur un plateau au sommet après environ une heure et demie de montée facile, hors sentier, et près de 350 mètres de dénivelé. De là-haut, la vue s'étend à 360° sur la vaste plaine creusée par les anciens glaciers au pied du massif. Si des rayons de soleil percent par moment, des nuages de pluie semblent nous chercher, tournant tout autour de nous. Nous pique-niquons là-haut et les gouttes commencent à nous tomber dessus un quart d'heure avant de rejoindre notre véhicule.
Nous reprenons la route en direction de Sellfoss. Il pleut fort, la luminosité est moindre qu'en pleine nuit à cette époque de l'année ! Après une pause ravitaillement dans ce gros bourg de quatre mille habitants, nous faisons demi-tour, reprenant la direction du nord-est. Le paysage se fait plus accidenté, toujours aussi vert, puis la route s'élève, abordant les Hautes Terres d'Islande. Les roches émergent de la terre d'un noir profond, prenant rapidement le dessus sur la végétation.
Nous faisons une pause photo à Hjálparfoss, deux cascades se jetant dans un bassin d'orgues basaltiques. L'endroit est sympa, la lumière pour les photos beaucoup moins, surtout que les gouttes de pluie s'écrasent sur le filtre de mon objectif...
Quelque temps plus tard, nous gagnons notre refuge à Holaskogur. La météo est toujours aussi maussade, les nuages gris nous masquent totalement la vue sur le volcan Hekla. Ce n'est qu'après le repas, à l'occasion d'une éclaircie vers les 22 heures, que nous apercevons le cône du volcan, notre objectif de demain.

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