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Kirghizstan

La vallée de Shamsy

Samedi 31 août 2013 – Vol pour Bichkek
Nous partons très tôt de la maison pour prendre l'avion à Nantes, direction Bichkek, la capitale du Kirghizstan, via Paris et Saint-Pétersbourg.
Si l'attente à Roissy est longue, près de cinq heures, les deux heures et demie en Russie passent plutôt vite.
Dimanche 1er septembre 2013 – Visite de Bichkek
Enfin nous sommes arrivés en terre kirghize ! Notre avion s'est posé peu après trois heures et demie du matin. Par le hublot, nous avons pu voir sur le tarmac de nombreux avions américains de transport militaire. L'aéroport de Manas, dans la banlieue de Bichkek, est en effet une base arrière pour les américains dans le conflit en Afghanistan. Ce contrat se termine à la fin de l'année et les yankees devraient avoir quitté les lieux dans quelques mois, vraisemblablement pour se baser en Ouzbékistan.
Nous arrivons à notre guest-house vers cinq heures du matin. Heureusement, nous avons du temps pour nous reposer avant le petit-déjeuner à dix heures, puis nous partons en ville visiter le marché couvert. De nombreuses échoppes y sont regroupées par thème : les épices, les fruits secs, les viandes, les tissus...
La ville de Bichkek n'a rien d'exceptionnel. Assez austère, quadrillée de larges avenues très soviétiques, elle est toutefois bordée de sommets enneigés au sud. Nous sommes à environ 800 mètres d'altitude et il s'agit d'un prolongement de la chaîne des Tian Shan qui s'élève jusqu'à 4800 mètres. Dans les rues, de nombreuses voitures circulent, certaines ayant le volant à droite. Les kirghizes achètent en effet beaucoup de voitures d'occasion, soit en Allemagne, soit au Japon. Il se dit que pour cinq millions d'habitants au Kirghizstan, il y a neuf millions de véhicules !
Après un détour par la place de la Victoire où s'élève un monument à la gloire des héros des deux guerres mondiales, nous prenons notre repas au restaurant avant de regagner la guest-house pour un peu de repos. C'est également l'occasion de prendre connaissance avec les huit autres personnes qui composent notre groupe de trekkeurs.
Le soir venu, nous faisons une promenade à pied dans les rues de la capitale avant de dîner au restaurant.
Lundi 2 septembre 2013 – Route pour la vallée de Shamsy
Dénivelé : +400 m / -350 m / 4h00 de marche

Nous montons dans le mini-bus à huit heures, prenant la direction de l'est jusqu'à Tokmok. Nous sommes dans une vaste vallée plate, cernée par des collines au nord et de hautes montagnes aux sommets enneigés au sud. Tour de Burana
Tour de Burana
Nous effectuons un arrêt à la tour de Burana. Sur le site se trouvent également des stèles funéraires et quelques ruines de ce qui fût la ville de Balasagun. La tour, rénovée au début des années 70, est le seul vestige visible. À l'origine, elle mesurait 45 mètres de haut, mais suite à plusieurs tremblements de terre, elle ne fait plus que 25 mètres aujourd'hui. Un escalier, raide et étroit, permet de monter à son sommet d'où l'on a une vue dominante sur le site.
Nous reprenons la route, empruntant désormais une piste qui s'élève dans la vallée de Shamsy. Peu avant midi, nous nous arrêtons auprès d'une bergerie, à 1600 mètres d'altitude, où nous prenons notre repas avant de débuter notre trek par une randonnée sans grande difficulté dans les alpages à l'herbe rase où paissent en liberté des vaches, des moutons, des chevaux. Par endroits s'élèvent des bergeries. Le sentier, bien marqué, forme une large courbe pour monter à une sorte de petit col à presque 2100 mètres d'altitude avant de redescendre au bord du torrent où se dresse notre camp (1650 m).
Mardi 3 septembre 2013 – Trek dans la vallée de Shamsy
Dénivelé : +1400 m / -10 m / 6h00 de marche

Après un lever aux alentours de 7h00, nous levons le camp une heure et demi plus tard pour suivre la piste sur la rive gauche de la rivière avant d'emprunter un pont en bois pour gagner l'autre côté du torrent. Quelques troupeaux et bergeries s'offrent à nos regards tandis que nous cheminons dans une forêt éparse de sapins. Quelques fleurs bleues proches de la gentiane et des jaunes de la famille du pavot pointent ça et là au milieu des touffes d'herbe.
La piste que nous suivons laisse bientôt place à un sentier muletier qui s'élève soudain à la faveur de trois lacets. La forêt disparaît, laisse place à des prairies rases où paissent parfois des chevaux.
Midi passé, nous faisons notre pause pique-nique au bord de la rivière Shamsy. Lorsque nous repartons, il nous faut déchausser pour traverser à gué et, rapidement, nous évoluons hors piste pour finir par retrouver le sentier. Nous traversons encore quelques torrents avant de faire une pause au pied d'une langue de terre évoquant vaguement la forme d'une moraine. Le sentier serpente sur celle-ci, nous faisant mal aux cuisses. Le souffle est court. Pour une première vraie journée de marche, le programme est plutôt corsé !
Nous aboutissons à notre camp situé sur un replat cerné de montagnes à plus de 3000 mètres d'altitude, une sorte de cirque glaciaire aux parois très minérales. Au nord, dans le V de la vallée, nous devinons le plateau kirghize et, au-delà, les collines kazakhes.
Mercredi 4 septembre 2013 – Trek de la vallée de Shamsy à l'alpage de Sarlysaz
Dénivelé : +600 m / -700 m / 5h00 de marche

Quel bonheur de se réveiller dans un tel paysage ! Au petit matin, le cirque autour de nous est encore plongé dans l'ombre. Nous replions la tente puis nous allons prendre notre petit-déjeuner. Alors que les autres membres du groupe rangent leurs affaires et leurs tentes, je profite des premiers rayons du soleil léchant les parois rocheuses pour faire des photos. La lumière est splendide, faisant ressortir les teintes gris, vert et rose des roches... Lumière matinale sur les contreforts du col de Shamsy
Lumière matinale sur les contreforts du col de Shamsy
Nous partons à 08h15 pour gravir le col de Shamsy, 400 mètres au-dessus de l'endroit où était installé notre campement. D'abord peu marqué, le sentier se fait rapidement plus pentu et caillouteux. Le souffle est un peu court, mais je parviens au col trois quart d'heure plus tard. Malgré le vent froid, je savoure le paysage, les deux vallées de Shamsy, au nord et au sud. C'est dans cette direction que des nuages commencent d'ailleurs à s'amonceler sur les plus hauts sommets au loin. Avec deux gars du groupe, je m'élance sur les pentes de la montagne à l'ouest du col. Les 70 mètres de dénivelé se font aisément et nous sommes récompensés par une superbe vue panoramique sur une crête rocheuse dont la face nord est marquée par des plaques de neige. Le col marque la limite entre deux régions : Chüy au nord et Naryn au sud, celle-ci étant réputée être la plus froide du pays.
La descente du col, plein sud, se fait rapidement le long d'un sentier en balcon au-dessus d'une rivière. On retrouve ici quelques traces de végétation rase au milieu des roches. Nous entamons une nouvelle montée jusqu'à atteindre une épaule rocheuse d'où nous avons une magnifique vue sur la vallée de Kochkor et ses alpages tandis qu'au-delà se déploie la barrière montagneuse des Tian Shan aux sommets enneigés envahis de sombres nuages.
Nous bifurquons vers l'ouest pour la pause pique-nique avant de continuer dans la vallée de Sarlysaz parcourue d'une belle gorge que franchit le sentier. Notre campement se situe à proximité, dans le voisinage immédiat d'une yourte de nomades (2900 m). Des troupeaux de chevaux et de moutons s'égayent en liberté dans ces vastes alpages. C'est l'occasion rêvée de faire quelques photos, d'autant plus que les nuages menaçants ont envahi le ciel, déversant même de la pluie dans la vallée de Kochkor en contrebas, nous permettant d'admirer un début d'arc-en-ciel.
Jeudi 5 septembre 2013 – Trek de l'alpage de Sarlysaz à la rivière Karakol
Dénivelé : +100 m / -600 m / 6h00 de marche

La nuit a été fraîche, la plus fraîche jusqu'à présent : à notre réveil vers six heures du matin, il ne faisait que 3°C dans notre tente. Heureusement, nous étions bien au chaud dans nos duvets à la température de confort avoisinant les -10°C... A l'extérieur, l'humidité consécutive à la pluie tombée en début de soirée hier s'était accumulée sur la toile de tente, ayant givré par endroits.
Malgré cela, c'est sous un grand ciel bleu que nous quittons notre camp sur les coups de 09h00. La yourte auprès de laquelle nous avons passé la nuit est également démontée. Les gens qui l'occupaient lèvent le camp pour regagner leur village dans la vallée où leurs enfants recommencent l'école dans quelques jours.
Nos pas nous guident sur de vertes collines aux courbes douces, couvertes d'herbe rase. Régulièrement, nous rencontrons des troupeaux de chevaux et des yourtes dont certaines en en train d'être démontées. Nous sommes en fin de saison et les bergers, des métayers pour la plupart, vont regagner la vallée. Sur ce jailoo de Sarlysaz, les yourtes sont organisées avec un enclos où les moutons sont regroupés pour la nuit, un tas de bouses à sécher un peu plus loin (elles serviront pour se chauffer), et des animaux en liberté autour.
Des nuages font progressivement leur apparition par le sud. Après avoir franchi une rivière en nous déchaussant, nous poursuivons notre progression vers l'ouest, alternant petites montées et descentes faciles, toujours aux alentours de 2800 mètres d'altitude.
Peu après midi, le temps s'assombrit. Il pleut au loin, et l'orage qui gronde s'approche de nous. Nous décidons de poursuivre malgré tout notre chemin et de manger plus loin, une fois le mauvais passé, nous l'espérons. Juste avant l'orage
Juste avant l'orage
Alors que nous franchissons une nouvelle rivière, c'est de la grêle qui prend le relais de la pluie. Nous progressons tête baissée, prêtant à peine attention aux nombreuses edelweiss fanées qui parsèment les prairies.
Puis la pluie cesse et nous pique-niquons. Les repas, toujours froids à midi, sont variés, composés de sardines en boîte, de riz, pâtes ou sarrasin en salade, accompagné de fromage et de fruits frais, le tout arrosé de thé.
Il ne nous reste plus beaucoup à marcher pour rejoindre notre campement situé près de la rivière Karakol à environ 2400 mètres d'altitude.

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©2006-2017, Stéphane Bon