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Iles Lofoten

Sørvågen

Mardi 8 septembre 2015
Lever très matinal pour aller prendre l'avion à Nantes, direction Paris, avec une partie de l'équipe cycliste Europcar dans l'Airbus. L'attente à Roissy est longue, très longue... Pas moins de sept heures avant de prendre le vol suivant en direction d'Oslo où j'arrive sous le soleil. Depuis le hublot, j'aperçois des collines et petites montagnes couvertes de forêts et parsemées de lacs et rivières.
Une nouvelle attente, plus courte heureusement, et je prends mon troisième avion de la journée pour rejoindre Bodø où j'arrive sous les nuages peu après 20 heures. Sophie, notre guide française pour le séjour, m'accueille à l'aéroport pour me conduire à l'auberge de jeunesse. Le temps de déposer mes affaires et nous partons manger au restaurant avec sept des huit autres membres du groupe, arrivés un peu plus tôt dans la journée.
Mercredi 9 septembre 2015
Le temps est maussade au réveil, je fais la moue. Bon, je sais, dans ces contrées nordiques on ne sait jamais ce que nous réserve la météo, mais je n'ai pas envie de retrouver la pluie et la grisaille qui nous avaient accompagné quasiment tout notre séjour en Islande l'an dernier...
Après un petit déjeuner au saumon fumé, nous partons en taxi au point de départ de notre randonnée menant au Keiservarden, petit sommet où l'empereur allemand Guillaume II est venu en 1891. Certains endroits permettent de bénéficier de vues panoramiques sur Bodø et la mer de Norvège.
Nous pique-niquons sur un sommet voisin, plus ou moins à l'abri du vent avant de redescendre à la ville. Notre ferry pour les Lofoten part à 15h30. C'est un gros bateau de quatre-vingts mètres de long embarquant de nombreuses voitures. La traversée dure un peu plus de trois heures sous un ciel bas et gris. Heureusement, avec un tel navire, pas de souci de tangage, roulis et autres joyeusetés ! Peu avant l'arrivée à Moskenes, les montagnes des Lofoten émergent, noires, presque menaçantes, de la brume et de la bruine.
Nous logeons à Sørvågen, dans un rorbu, une ancienne cabane de pêcheur reconvertie en logement tout équipé, au bord de la mer.
Jeudi 10 septembre 2015
Levé avant les autres, je pars faire une petite balade dans Sørvågen. Les rues sont calmes, une voiture passe de temps en temps. L'endroit est agréable, apaisant. Je songe à cet instant à l'endroit où je me trouve. Par 68° nord, les Lofoten sont au-delà du cercle arctique, c'est à dire qu'il y a au moins une journée dans l'année où il fait jour continuellement, et une journée où la nuit dure vingt-quatre heures.
Après le petit-déjeuner, un taxi nous conduit à Reine, sans doute le village le plus connu des Lofoten. Nous nous baladons là, sous un ciel nuageux ponctué de quelques éclaircies. Ce n'est pas là que je vais pouvoir prendre les photos que j'espérais.
Un bateau nous mène à travers le Reinefjorden jusqu'à Vindstad d'où nous partons pour une petite randonnée jusqu'à la plage de Bunes en longeant le Bunesfjorden le long d'un sentier déservant quelques maisons. Une petite montée pour nous hisser sur une colline, suivie d'une descente et nous voici sur la plage. Autour de nous, les parois sont abruptes, verticales et lisses. Face à nous, le sable clair, les eaux turquoise de la mer de Norvège. C'est d'autant plus joli que le soleil commence à percer. Plage de Bunes
Plage de Bunes
Nous poursuivons jusqu'à une pointe rocheuse au-delà de la plage où nous pique-niquons en nous régalant du paysage. Quelques nuages accrochent la pointe du Skelvtinden dont les falaises de presque cinq cents mètres de haut tombent à pic dans la mer de Norvège. Il est temps de rebrousser chemin pour regagner l'embarcadère de Vindstad en passant au pied du Helvetestinden. Embarcadère de Vindstad
Embarcadère de Vindstad
Le bateau nous ramène à Reine où nous reprenons le taxi pour rentrer à Sørvågen. Le temps libre en cette fin d'après-midi permet de faire quelques photos des maisons aux façades rouges en bord de mer.
Vendredi 11 septembre 2015
Je pars me promener de bon matin en empruntant la route jusqu'à Tind, profitant du soleil se levant dans un ciel dégagé. La route serpente en bord de mer, coincée contre la montagne qui semble surgie des flots.
Nous quittons à pieds le rorbu pour une belle journée de randonnée sur un chemin boueux, parfois équipé de chaînes. Une forêt de petits bouleaux nous accompagne jusqu'à environ 300 mètres d'altitude avant de disparaître. De nombreux lacs d'origine glaciaires composent le paysage. Des linaigrettes y mirent leur panache blanc dans les eaux cristallines. Nous ne sommes pas très haut, mais on pourrait se croire dans les Alpes à plus de deux mille mètres. Vue sur les Lofoten depuis le sommet du Munken
Vue sur les Lofoten depuis le sommet du Munken
Le sommet du Herrmannsdaltin paraît relativement proche. Avec ses 1029, c'est le point culminant de l'île de Moskenesøya. Peu avant le refuge de Munkebu, nous empruntons sur la droite un sentier escarpé menant à une épaule rocheuse à deux pas du sommet du Munken. La vue y est splendide sur les pics des Lofoten plantés dans la mer, acérés, sauvages. Des fjords, dont celui de Bunes que nous avons vu hier, semblent avoir déchiré les montagnes.
Nous descendons par un autre chemin à flanc de montagne, passant de petits lacs dans lesquels se reflètent quelques sommets comme la pointe du Steffennakken. Au milieu de l'herbe rase, mes mousses et lichens couvrant le sol, de petites ronces se fraient un chemin. Elles portent des fruits jaune-orangé : des mûres arctiques que nous goûtons. Ce n'est pas mauvais, mais je ne peux pas dire non plus que ça me plaise. Au moins aurais-je essayé... Nous finissons par arriver au rorbu. Toute la randonnée a été faite en tee-shirt !
Le soir, après le dîner, nous assistons à un spectacle magique : nos premières aurores boréales. Ce phénomène extraordinaire s'est déroulé sous nos yeux entre 21 heures et 23 heures. Plus le ciel s'assombrissait, plus le vert était intense. Aurore boréale sur Sørvågen
Aurore boréale sur Sørvågen
À un moment donné, c'est carrément une vaste arche lumineuse qui parcourait tout le ciel au-dessus du port de Sørvågen. Je n'ai pas regretté d'avoir emporté mon trépied pour faire mes premières photos d'aurores boréales, même si, là où nous étions, les lumières du port venaient un peu estomper le spectacle.
Samedi 12 septembre 2015
Départ à huit heures pour Å. Difficile de faire plus court comme nom pour ce village perdu tout au bout de la route E10, ou Kong Olavs vei, traversant les Lofoten. C'est cette même route que nous suivons depuis notre rorbu avant d'emprunter un sentier le long de la rive gauche du lac Ågvatnet, véritable réservoir alimentant en eau la petite commune. Le terrain est très boueux avec, par endroits, des rochers glissants et des passages munis de chaînes. Au bout du lac, une montée raide, physique, permet de rejoindre le col de Stokkvikaret. J'ai pu me faire plaisir en avalant les 400 mètres de dénivelé en à peine 25 minutes. C'est clair, je n'aurais pas fait ça si j'avais été dans les Alpes ou les Andes, mais ici, depuis le niveau de la mer, cela se fait très bien. Du col, le lac s'étend à nos pieds et semble se confondre avec la mer toute proche, mer où le brouillard venu du continent gagne peu à peu du terrain. Ågvatnet, le lac au-dessus de Å
Ågvatnet, le lac au-dessus de Å
De l'autre côté du col, c'est bien simple : c'est une mer de nuages.
Une fois redescendus au niveau du lac, nous en achevons le tour par sa rive droite alors que la brume venue du large envahit tout. La fraîcheur se fait ressentir. Il nous faut enfiler une veste sur notre tee-shirt quand nous arrivons à Å. Sur le port, des touristes de retour d'une partie de pêche s'essaient à la découpe du poisson en suivant les conseils de leur guide. En plus de la randonnée, la pêche est l'une des raisons pour lesquelles les gens viennent dans les Lofoten. Il règne une étrange atmosphère ici, avec cette brume qui estompe tout et les têtes de poissons séchées suspendues par endroit sous les auvents des maisons.
Le taxi vient nous chercher à 16h00 pour nous conduire à Fredvang, à l'autre bout de Moskenesøya. Notre rorbu, situé sur le port plongé dans la brume, est plus simple que celui de Sørvågen.

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©2006-2017, Stéphane Bon