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Cordillère Huayhuash

De la laguna Jahuacocha à Chiquian et Lima

Mercredi 22 juin 2016
Cette fois, ça y est, c'est bel et bien le dernier jour de notre trek dans la cordillère Huayhuash. C'est sous un froid vif que nous quittons le camp pour descendre la vallée de Jahuacocha plongée dans l'ombre. Du givre couvre la végétation qui craque sous nos pas. Rapidement, nous quittons le tracé principal pour suivre une vallée secondaire orientée vers le nord. Le sentier, toujours à l'ombre, s'élève franchement, enchaînant les lacets. Nathalie, qui va mieux, nous accompagne.
Aux abords des 4300 mètres, nous atteignons une sorte de plateau qui nous permet de profiter enfin des premiers rayons du soleil et de nous reposer un peu en admirant, derrière nous, certains sommets de la cordillère Huayhuash : le Yerupajá niché derrière la crête du Rasac, le Tsacra et le Huacrish. L'épaule rocheuse depuis laquelle nous avions eu une si belle vue hier se laisse même deviner au milieu de ce paysage exceptionnel. Vallée de Jahuacocha, Yerupajá et Yerupajá Chico
Vallée de Jahuacocha, Yerupajá et Yerupajá Chico
Le sentier se fait plus doux, passant deux sommets bombés nous faisant faussement croire que le col Mancan Punta est là. En fait, il se cache un peu plus loin, sur une crête parcourue d'un petit muret aux faux airs de Muraille de Chine.
Du col à 4570 mètres d'altitude, nous jetons un dernier coup d'oeil à la cordillère Huayhuash avant de nous tourner de l'autre côté où les sommets enneigés de la cordillère Blanche émergent à l'horizon.
La profonde vallée du rio Llamac se dessine sous nos yeux avec le village de Pocpa tout au fond, ultime destination de notre trek. La descente se fait sur un sentier bien tracé mais très poussiéreux qui traverse une forêt de quenuals. Plus bas, les cactus prennent le relais, certains ayant la taille d'arbustes, tout cela égayé par de nombreuses fleurs multicolores. Le soleil cogne fort et le vent froid soufflant au col a totalement disparu. Il doit faire au moins 25°C.
La descente paraît interminable mais nous arrivons enfin à Pocpa (3470 m) vers midi. Le village est en plein travaux. En fait, il est tout simplement déplacé d'un côté à l'autre de la rivière en raison des risques d'affaissement.
Nous montons dans notre minibus qui nous conduit à Llamac où nous retrouvons nos muletiers pour un dernier adieu avant de reprendre la route pour Chiquian (3390 m) où nous logeons à l'hôtel Los Nogales, le même qu'il y a deux semaines.
La petite ville est toujours en travaux, les rues éventrées, des engins de terrassement un peu partout. Nous nous y baladons au milieu des habitants qui ne tardent pas à sortir dans les rues vers 17 heures pour y vendre de la nourriture préparée sur des braseros posés sur les trottoirs.
Jeudi 23 juin 2016
Je dois avouer que la douche d'hier soir a fait un bien fou après ces deux semaines de trek en bivouac où la seule façon de se laver était d'aller à la rivière ou d'utiliser des lingettes. Un véhicule nous mène de Chiquian au carrefour situé bien plus haut dans la montagne, à la jonction avec la route reliant La Union au col de Conococha, où nous attendons le bus de ligne. C'est l'occasion de jeter un dernier regard sur la cordillère Huayhuash. Dernier regard sur la cordillère Huayhuash
Dernier regard sur la cordillère Huayhuash
Le bus arrive une bonne demi-heure plus tard et nous embarquons pour une longue descente en lacets du col de Conococha avant de longer le Pacifique en descendant plein sud vers Lima. Le même bout de chemin qu'à l'aller, mais avec plus de 170 kilomètres dans les jambes et des images magnifiques plein la tête... et les cartes mémoires !
L'arrivée sur Lima peu avant 18 heures est un peu galère. Des bouchons, des bouchons et encore des bouchons... Nous parvenons tout de même à l'hôtel avant 20 heures, le temps de prendre une douche pour aller dans un restaurant du quartier de Miraflores où nous prenons un ceviche, spécialité péruvienne de poisson cru finement coupé et mariné dans l'huile et le jus de citron vert.
Vendredi 24 juin 2016
C'est notre dernier jour au Pérou. L'avion ne décollant qu'en fin d'après-midi, nous disposons de toute la matinée pour visiter Lima. Nous nous rendons au centre-ville en empruntant les transports en commun, une ligne de bus passant juste au pied de l'hôtel.
La ville est couverte d'une sorte de brume d'altitude, donnant un ciel blanc avec une étrange luminosité. C'est ainsi une bonne partie de l'année, paraît-il, et ça doit être lourd à supporter, à mon avis.
À l'occasion de mon premier voyage au Pérou en 2004, j'avais gardé de Lima l'image d'une ville sans charme. Je révise un peu mon jugement, même si elle est loin de m'enthousiasmer. Certaines rues et certains bâtiments valent le coup d'être vus, comme l'église de la Merced ou le Palais Présidentiel où nous assistons à la relève de la garde peu avant midi. La cathédrale, située sur la même place, offre une belle façade mais son entrée est payante et nous n'avons de toute façon guère le temps de nous attarder. Cathédrale de Lima
Cathédrale de Lima
Nous déjeunons dans un restaurant tenu par une congrégation religieuse et il est temps de regagner notre hôtel. Sacs et valises bouclés, nous montons dans le minibus qui nous mène à l'aéroport. Il y a toujours autant de bouchons en ville, heureusement nous avons de la marge avant le décollage. Le moment est venu de saluer et remercier Carlos, un guide au top, sérieux, excellent connaisseur de la cordillère Huayhuash, grâce à qui nous avons passé un excellent séjour au Pérou.
Le vol de nuit vers Madrid se déroule sans souci. Nous disons au revoir aux autres membres du groupe avec lesquels nous avons passé un excellent séjour et nous prenons notre correspondance pour Nantes.

                   Diaporama de photos du Pérou
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©2006-2017, Stéphane Bon