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Canal des deux mers

De Bordeaux à Toulouse

Lundi 29 juin 2020 : Bordeaux - La Réole (85 km)
Le pont de Pierre franchi, sortir de Bordeaux se fait aisément par la piste sur la rive droite de la Garonne. Après la zone commerciale, la nature reprend ses droits, le fleuve sur la droite, de vastes et belles propriétés sur la gauche, le tout niché dans un écrin de verdure.
À Latresne nous rejoignons la piste cyclable Roger Lapébie, un véritable coup de coeur. Bâtie sur une ancienne ligne de chemin de fer, elle traverse bois et forêts sous le pépiement des oiseaux. Un long faux-plat, un régal pour pédaler, mène d'abord à Créon. Le détour par le centre de cette bastide, une cité close autour d'une place ornée d'arcades, s'impose.
Retour sur la piste cyclable pour un nouveau crochet, quelques kilomètres plus loin, pour aller admirer l'abbaye de la Sauve Majeure, de belles ruines juchées sur une colline dominant le bourg. Sur une autre butte, à l'opposé, se dresse la belle église Saint-Pierre, entourée d'un petit cimetière. Nous passons un peu de temps en ces lieux, mais il nous faut bientôt regagner notre chemin toujours bien balisé. Ruines de l'abbaye de la Sauve Majeure
Ruines de l'abbaye de la Sauve Majeure
La piste alterne montées et descentes, passe dans un long tunnel qui s'éclaire à notre passage. Décidément, nous sommes bien ici, à pédaler dans ce cadre idyllique, traversant par endroit des vignes gorgées de grappes de raisin encore vert à cette saison. Il s'agit d'un autre vignoble bordelais bien connu, l'Entre-Deux-Mers qui tire son nom du fait que l'on se trouve ici enserré entre deux rivières, la Garonne et la Dordogne.
Sous un ciel bleu agrémenté de quelques nuages blancs, nous pédalons jusqu'à Sauveterre-de-Guyenne. Les arcades de cette nouvelle bastide offrent un bel endroit ombragé pour notre pique-nique. Dans la matinée, nous avons déjà parcouru 66 kilomètres, c'est à peine si nous en avons conscience tant c'était un bonheur de pédaler dans ce cadre.
La portion la plus dure de notre trajet reste à venir, pour rallier La Réole. Adieu la piste cyclable, nous évoluons maintenant sur de très tranquilles routes de campagne au milieu de collines et vallons couverts de vignes et forêts. Il y a par moment de belles petites côtes, mais nous les oublions vite, enchantés par ce paysage.
Le pont Eiffel sur le Dropt offre une jolie vue sur le moulin à eau de Loubens puis quelques autres montées nous conduisent au château de Lavison. La journée s'achève peu après, à La Réole où nous logeons dans un grand meublé, "Le Particulier".
Après une douche méritée, nous partons visiter la cité médiévale. Des sentiments mitigés nous habitent : de nombreuses boutiques ont le rideau baissé, certaines depuis bien longtemps, des bicoques sont délabrées, des SDF et autres désoeuvrés, pas vraiment à jeûn, errent dans les rues. Dans le prieuré des Bénédictins de La Réole
Dans le prieuré des Bénédictins de La Réole
La moitié de la petite ville donne une impression de décrépitude. Mais, à côté de cela, l'autre partie de la cité est parfaitement rénovée, du côté du prieuré des bénédictins et de l'église.
Mardi 30 juin 2020 : La Réole - Agen (85 km)
Nous quittons La Réole par le pont du Rouergue pour rejoindre rapidement les berges du canal latéral à la Garonne. Celui-ci débute en réalité une vingtaine de kilomètres en aval, à Castets-en-Dorthe mais ses abords ne sont pas aménagés pour les cyclistes.
De majestueux platanes jettent de l'ombre et offrent une agréable fraîcheur, nous accompagnant dans notre périple vers l'est. Les kilomètres s'enchaînent, tantôt rive gauche, tantôt rive droite, et bientôt nous entrons dans le Lot-et-Garonne. Nous croisons un peu plus de cyclistes que les jours précédents, souvent chargés, comme nous, de sacoches.
Fidèles à nos nouvelles habitudes, nous effectuons un détour par le Mas d'Agenais. Une bonne côte mène au coeur de la bastide bâtie autour de superbes halles et d'une église qui ne l'est pas moins.
Quelques écluses jalonnent le canal où circulent assez peu d'embarcations. L'eau, très calme, quasiment stagnante, a des teintes vert laiteux. Nous sommes bien, à filer ainsi dans ce cadre bucolique.
Nous offrons assistance à deux dames à vélo, en direction de Royan, dont les roues de la remorque sont à plat. Je ne le sais pas encore à ce moment-là, mais bientôt ce sera mon tour. Puits sur la place principale de Damazan
Puits sur la place principale de Damazan
Avant de faire notre pause pique-nique à la halte nautique de Damazan, nouveau crochet par la bastide aux jolies maisons, certaines en colombages. Au cours de notre repas, nous discutons avec un sympathique agriculteur retraité qui rallie Bordeaux à Nice... à pied !
Nous reprenons la route pour faire un détour quelques kilomètres plus loin à Buzet-sur-Baïse. Le village est désert à cette heure.
Il commence à faire chaud le long du canal, d'autant que les platanes se font rares, mais nous progressons à bon rythme, rythme brisé à la sortie du pont-canal de Feugarolles : mon pneu avant est à plat. Je répare et nous repartons. Quinze kilomètres plus loin, sur une portion fraîchement gravillonnée au milieu des vergers, nouvelle crevaison, roue arrière cette fois ! Nouvelle réparation, troisième séance à pomper de la journée...
Cela n'altère en rien notre motivation et bientôt arrive l'impressionnant pont-canal marquant l'entrée dans Agen. Long de 500 mètres, il enjambe la Garonne. Le pont-canal à l'entrée d'Agen
Le pont-canal à l'entrée d'Agen
Ce soir, nous dormons dans une chambre dénichée sur AirBnB, dans un ancien hôtel, idéalement situé entre la cathédrale et la gare. Après une douche bien méritée et une séance de pose de rustine sur mes chambres à air crevées, nous partons découvrir la ville à pied. C'est une jolie cité, agréable, avec de beaux bâtiments à l'architecture parfois disparate, le style local côtoyant l'haussmannien. Un peu de ravitaillement dans une supérette et nous pique-niquons le long du canal avant de regagner notre logement.
Mercredi 1 juillet 2020 : Agen - Castelsarrasin (63 km)
Avant de laisser la chambre, nous nous attardons un peu dans Agen pour faire quelques courses au marché couvert et visiter l'intérieur de la cathédrale. Avec ses plafonds peints, elle mérite vraiment le détour.
En partant, nous nous arrêtons à la gare pour réserver nos billets de retour. Pas de place dans l'Intercité Sète-Bordeaux pour nos vélos, il va falloir emprunter les TER et ça s'annonce... folklorique. Pas tout à fait comme dans le sketch de Chevallier et Laspalès, mais presque. Pas moins de six trains différents pour regagner Royan depuis Sète. Il y en a qui ont essayé...
De la gare, nous rattrapons aisément la piste cyclable au bord du canal grâce à la passerelle passant au-dessus des voies et nous nous élançons, cap à l'est. Les kilomètres s'enchaînent sans difficulté sous un ciel de plus en plus menaçant. Deux gros panaches blancs annoncent la centrale nucléaire de Golfech alors que quelques gouttes commencent à tomber. Les platanes forment un tunnel végétal au-dessus du canal. Hier ils faisaient office de parasol, aujourd'hui de parapluie.
Abrités sous un pont le temps de laisser passer l'averse, nous discutons avec deux jeunes à vélo qui repartent bientôt et avec une jeune fille, elle aussi à vélo. Partie de Menton, elle compte rallier Royan et peut-être même pousser jusqu'à l'île d'Oléron, un joli périple.
La pluie a cessé lorsque nous repartons. Peu après, Valence-d'Agen est l'occasion d'un sympathique détour avec son lavoir à impluvium du XVIIème siècle et sa place centrale avec une halle typique des bastides de ce coin de France.
Nous poursuivons notre remontée du canal sur une piste en très bon état. Une table à l'abri sous les arbres à Malause est l'endroit idéal pour notre pique-nique. Tympan de l'abbatiale Saint-Pierre de Moissac
Tympan de l'abbatiale Saint-Pierre de Moissac
Plus loin, le canal côtoie la voie ferrée, la route et la Garonne qui laisse la place au Tarn juste avant Moissac. Cette petite ville est notre coup de coeur. Située sur la voie principale du Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, elle abrite une magnifique abbatiale, un cloître et un port le long du canal. Au bord du Tarn, un ancien moulin a été reconverti en hôtel. Et que dire de la sortie de la ville ? Magnifique avec le pont-canal du Cacor. Ce pont de 356 mètres de long en briques rouges permet au canal de franchir le Tarn pour filer plein sud, à nouveau en parallèle de la Garonne. Le pont-canal du Cacor à Moissac
Le pont-canal du Cacor à Moissac
Aux abords de Castelsarrasin, nous faisons un petit détour pour nous ravitailler à l'Intermarché : notre chambre d'hôtes "Les Dantous", à cinq kilomètres de là, nous offre en effet la possibilité de faire réchauffer notre repas.
Jeudi 2 juillet 2020 : Castelsarrasin - Toulouse (75 km)
Après un petit-déjeuner gargantuesque, nous quittons à regret cette chambre d'hôtes où nous avons été parfaitement accueillis par un couple fort sympathique. Nous empruntons la piste cyclable en sens inverse, Nathalie tenant à aller au marché de Castelsarrasin. Il y a de très beaux étals de fruits et légumes : le melon acheté pour ce midi va être très bon, je le sens.
De retour sur la piste cyclable, nous prenons cette fois la bonne direction, celle de Toulouse, sous un ciel chargé. Les kilomètres défilent à bon rythme. À Montech, la pente d'eau est en rénovation. Derrière ce terme se cache en fait une sorte d'ascenseur à bateaux. Un peu plus loin, autre détour, par Grisolles cette fois pour voir son église au clocher rayé et il est déjà l'heure de pique-niquer au bord du canal avant de reprendre la route.
Peu après, le Tarn-et-Garonne laisse place à la Haute-Garonne. À partir de Castelnau d'Estretéfonds, c'est quasiment la grande banlieue de Toulouse. La piste file droit le long du canal au milieu d'habitations et de zones industrielles. Que ce tronçon paraît interminable ! Vitraux de la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse
Vitraux de la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse
À un moment, nous nous trompons de chemin avant de faire demi-tour pour nous retrouver en ville. Un crochet par la place du Capitole bondée de monde et nous voici chez Sabine qui était avec nous l'an dernier lors de notre trek en Jordanie et nous héberge cette nuit. Après une douche, elle nous emmène à la découverte de la Ville Rose, ses hôtels particuliers, leurs cours intérieures intimistes, ses églises... Nous dînons de tapas à l'Hostal Occitana avant de rentrer par le haut des quais de la Garonne.
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