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Tour du Cap Sizun

De Kerhuret à Audierne

Dimanche 24 septembre 2017
Le temps couvert d'hier soir a laissé la place à une fine pluie et à un épais brouillard. Nous quittons la chambre d'hôtes abrités sous notre cape de pluie, descendant par la route jusqu'à la Baie des Trépassés. Malgré la brume, quelques surfeurs sont à l'eau, attendant toujours la vague.
Nous trouvons facilement les marques rouges et blanches du GR pour atteindre la Pointe du Raz. Si la pluie a cessé, le brouillard s'est épaissi et la visibilité ne dépasse pas cent mètres. Le sémaphore puis la statue de la Vierge émergent lentement de la brume, tels des fantômes. Nous n'en verrons pas plus, pas même les flots de l'Atlantique qu'on ne peut qu'imaginer, quelque part dans cette purée de pois. Le sémaphore de la Pointe du Raz dans la brume
Le sémaphore de la Pointe du Raz dans la brume
C'est à ce moment que nous perdons de vue le balisage du sentier pour nous retrouver sur le parking quasi désert. Juste à sa sortie, nous empruntons la route virant sur la droite pour aboutir au port de Bestrée, ce qui nous permet de rattraper le GR. Sur notre droite, les à-pics sont impressionnants. Nous ne devinons que l'écume des flots. Tout est blanc autour de nous et des rochers acérés dressent leurs inquiétantes ombres dans la brume.
Il ne fait pas froid, marcher dans ces conditions n'est pas désagréable, si ce n'est que l'on ne profite guère du paysage. À la Pointe de Feunteun Aod, un panneau nous apprend qu'un projet de centrale nucléaire avait été imaginé en 1978 pour être, heureusement, abandonné trois ans plus tard.
Plus loin, c'est Porz Loubous et son port-abri typique de ce coin de Cornouaille : jadis les bateaux étaient hissés en hauteur à l'abri de la houle, d'abord à la seule force des bras, plus tard avec un treuil.
La pluie fine, un crachin décidément bien breton, tombe par intermittence. La grisaille est toujours là, tout autour de nous.
Nous passons la Pointe de Plogoff pour atteindre celle du Mouton. Là se dresse, solitaire au bord de la falaise, une petite maison semblable à un refuge de montagne. La porte est ouverte, nous y pénétrons. Les lieux sont un peu sales mais il s'en dégage un charme certain. Sur les murs sont accrochés de nombreux petits mots laissés là par les randonneurs. Les petits mots accrochés dans la cabane de la Pointe du Mouton
Les petits mots accrochés dans la cabane de la Pointe du Mouton
Nous mangeons ici, à l'abri du mauvais temps. Quelques mots griffonnés sur le livre d'or, un dernier regard à la carte accrochée au mur, et nous retournons dans la bruine. Le brouillard est moins dense mais la visibilité ne dépasse pas quatre cents mètres. Un peu plus loin, nous arrivons à l'anse du Loch bordée de nombreuses maisons. La petite cabane de la Pointe du Mouton n'était finalement pas si éloignée que cela de la civilisation...
Le relief se fait moins accidenté. Les falaises de granit ne dépassent guère les vingt mètres de haut. Et puis c'est l'anse du Cabestan qui déroule une longue plage de sable blond investie par un surfeur solitaire.
La fatigue commence à se faire sentir, accompagnée d'un peu de lassitude. Le petit phare de Lervily est laissé de côté et nous arrivons à Sainte-Évette, à l'embarcadère pour l'île de Sein. Nous n'avons toujours pas de logement et tirons jusqu'à Audierne, trois kilomètres plus loin, espérant bien y trouver des hôtels. C'était un peu trop optimiste. Il n'y a là qu'un seul gros hôtel, un quatre étoiles, pas notre standing, surtout trempés comme nous sommes, et une maison d'hôtes, "La quincaillerie", où nous dénichons une charmante petite chambre. Il est plus de dix-huit heures, nous venons de parcourir vingt-huit kilomètres.
Une fois de plus, la douche chaude nous fait un bien fou. Nous ressortons dans les rues de Douarnenez, à la recherche d'un restaurant. Nous jetons notre dévolu sur Ty Clec'h, une jolie crêperie où nous nous régalons de galettes bretonnes à un prix tout doux avant de regagner notre chambre pour une nuit de repos bien mérité.

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©2006-2018, Stéphane Bon